Press ESC to close

Tout ce que vous devez savoir sur tout !

Pourquoi les moustiques piquent-ils certaines personnes plus que d’autres ?

Chaque été, le scénario se répète. Au cours d’un barbecue ou d’une soirée en terrasse, une personne finit couverte de piqûres tandis que son voisin semble totalement épargné. Pendant longtemps, on a expliqué ce phénomène par le fameux « sang sucré », une idée largement répandue mais pourtant fausse. En réalité, les moustiques sont beaucoup plus sélectifs qu’on ne l’imagine.

Cette préférence n’a d’ailleurs rien d’anodin. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, les moustiques restent les animaux les plus meurtriers pour l’être humain en raison des maladies qu’ils transmettent, responsables de plusieurs centaines de milliers de décès chaque année. Si, en France, une piqûre est généralement bénigne, comprendre comment ces insectes choisissent leurs victimes permet aussi de mieux s’en protéger.

Les recherches menées ces dernières années ont profondément changé notre compréhension du sujet. Les scientifiques savent désormais que chaque être humain possède une véritable « carte d’identité chimique » que les moustiques sont capables de détecter avec une précision étonnante.

 

Les moustiques ne recherchent pas votre sang… du moins pas au départ

Premier point souvent méconnu : seuls les moustiques femelles piquent. Les mâles vivent exclusivement de nectar et d’autres substances végétales. Les femelles, elles, ont besoin des protéines contenues dans le sang pour assurer le développement de leurs œufs.

Mais avant de piquer, encore faut-il trouver un hôte.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, un moustique ne vole pas au hasard jusqu’à tomber sur un bras ou une jambe. Il repère d’abord sa cible à plusieurs dizaines de mètres grâce au dioxyde de carbone (CO₂) rejeté lors de chaque expiration. Ce gaz constitue pour lui le premier indice qu’un être vivant se trouve à proximité.

Une fois cette piste trouvée, il affine progressivement sa trajectoire grâce à d’autres signaux : la chaleur corporelle, l’humidité de la peau et surtout les centaines de molécules odorantes naturellement produites par notre organisme.

Autrement dit, chaque personne dégage une signature olfactive unique. Et certaines ressemblent, pour les moustiques, à une véritable invitation.

 

Notre peau fabrique naturellement des odeurs qui attirent davantage les moustiques

C’est probablement la découverte la plus fascinante de ces dernières années.

Notre peau héberge des milliards de micro-organismes appartenant à des centaines d’espèces bactériennes. En dégradant la transpiration, ces bactéries produisent de nombreuses molécules odorantes. Nous les percevons rarement, mais les moustiques disposent d’un système olfactif capable de les détecter avec une efficacité remarquable.

En 2022, une étude publiée dans la prestigieuse revue Cell a montré que certaines personnes attiraient systématiquement beaucoup plus de moustiques que d’autres, et que cette différence restait stable pendant plusieurs années. Les chercheurs ont notamment identifié une forte présence d’acides carboxyliques sur la peau des individus les plus attractifs.

Cette découverte explique pourquoi certaines personnes ont le sentiment d’être « la cible officielle » des moustiques chaque été. Ce n’est pas une impression : leur chimie corporelle les rend réellement plus repérables.

 

un moustique en train de piquer un doigt

 

Le dioxyde de carbone reste le premier signal utilisé par les moustiques

Avant même de sentir notre peau, le moustique nous détecte grâce à notre respiration.

Le dioxyde de carbone agit comme un véritable phare. Plus une personne en rejette, plus elle devient facile à localiser.

C’est notamment pour cette raison que les adultes sont généralement davantage piqués que les jeunes enfants. Les personnes de grande taille, qui respirent davantage, produisent elles aussi un signal plus important.

Le phénomène est encore plus marqué après un effort physique. Après une séance de course à pied ou une simple promenade rapide, la respiration s’accélère, la température du corps augmente et la transpiration devient plus abondante. Pour un moustique, c’est un véritable buffet à volonté.

Les femmes enceintes constituent également un cas particulier. Plusieurs études montrent qu’elles expirent davantage de dioxyde de carbone et présentent une température corporelle légèrement plus élevée. Résultat : elles attirent davantage les moustiques que les autres adultes.

 

Le groupe sanguin influence-t-il vraiment les piqûres ?

C’est sans doute l’idée reçue qui revient le plus souvent.

Les recherches montrent effectivement que certaines espèces de moustiques semblent présenter une légère préférence pour les personnes du groupe sanguin O par rapport au groupe A, le groupe B occupant une position intermédiaire.

Toutefois, cette influence reste beaucoup plus limitée qu’on ne l’a longtemps pensé.

Les spécialistes considèrent aujourd’hui que la composition chimique de la peau, les bactéries présentes à sa surface, la respiration ou encore la température corporelle jouent un rôle bien plus important que le groupe sanguin lui-même.

Deux personnes appartenant au même groupe O peuvent ainsi connaître des situations totalement opposées : l’une sera constamment piquée, tandis que l’autre passera une soirée entière sans subir la moindre attaque.

Le groupe sanguin est donc un facteur parmi d’autres, mais certainement pas l’explication principale.

 

La chaleur du corps guide le moustique jusqu’à l’endroit où il va piquer

Une fois arrivé à proximité de sa cible, le moustique n’utilise plus seulement son odorat. Il entre dans une phase de localisation beaucoup plus précise grâce à des capteurs capables de détecter la chaleur émise par notre corps.

C’est ce qui explique pourquoi certaines zones sont plus souvent piquées que d’autres. Les chevilles, les pieds, les poignets ou encore le cou sont particulièrement exposés, car les vaisseaux sanguins y sont proches de la surface de la peau.

La température corporelle joue également un rôle important. Plus elle est élevée, plus le moustique repère facilement sa cible. Après un effort physique, par exemple, le corps cumule plusieurs signaux attractifs : une respiration plus intense, davantage de transpiration et une peau plus chaude. Difficile, dans ces conditions, de passer inaperçu.

 

Les vêtements et l’alcool peuvent aussi influencer leur comportement

Si la biologie reste le principal facteur, certains éléments de notre environnement peuvent faire pencher la balance.

Les couleurs foncées, comme le noir, le bleu marine ou le rouge foncé, attirent davantage les moustiques que les vêtements clairs. Une fois guidés par le dioxyde de carbone, ils utilisent aussi leur vision pour identifier une cible. Les contrastes marqués les aident à repérer plus facilement une silhouette.

La consommation d’alcool semble également jouer un rôle, même si les études restent prudentes sur son importance. Plusieurs travaux ont observé qu’après avoir bu de la bière ou d’autres boissons alcoolisées, certaines personnes étaient davantage piquées. Une légère augmentation de la température corporelle ainsi que des modifications de la composition de la transpiration pourraient expliquer ce phénomène.

En revanche, contrairement à une idée répandue, les parfums ne transforment pas automatiquement leur utilisateur en aimant à moustiques. Tout dépend des molécules qu’ils contiennent. Certaines fragrances florales peuvent effectivement attirer certaines espèces, tandis que d’autres ingrédients, notamment ceux inspirés de plantes répulsives, produisent l’effet inverse.

 

Peut-on devenir moins attractif pour les moustiques ?

La mauvaise nouvelle est qu’on ne peut pas modifier sa génétique, son groupe sanguin ou la composition naturelle de son microbiote cutané.

En revanche, il est tout à fait possible de limiter fortement les risques de piqûres en agissant sur les facteurs que l’on maîtrise.

Les recommandations des autorités sanitaires restent les plus efficaces. Porter des vêtements longs et clairs en soirée réduit la surface de peau exposée tout en rendant la silhouette moins visible. L’utilisation d’un répulsif homologué demeure la meilleure protection lors d’activités en extérieur, notamment dans les régions où circulent des maladies transmises par les moustiques.

À la maison, quelques gestes simples font également une réelle différence : installer des moustiquaires, éliminer les eaux stagnantes dans les coupelles de pots de fleurs ou les récupérateurs d’eau, et utiliser un ventilateur. Ce dernier est d’ailleurs plus utile qu’on ne le pense : les moustiques sont de mauvais voiliers et peinent à voler face à un courant d’air continu.

À l’inverse, certaines astuces très populaires n’ont jamais fait leurs preuves. Avaler de la vitamine B1, manger davantage d’ail ou porter certains bracelets anti-moustiques vendus dans le commerce n’a pas démontré d’efficacité convaincante dans les études scientifiques.

 

Le moustique tigre choisit-il ses victimes de la même manière ?

Oui, dans les grandes lignes. Le moustique tigre (Aedes albopictus) utilise les mêmes principaux indices que les autres espèces de moustiques pour repérer ses proies : le dioxyde de carbone rejeté lors de la respiration, la chaleur corporelle et les molécules odorantes naturellement présentes sur la peau.

Les chercheurs estiment donc que les personnes les plus attractives pour les moustiques « classiques » le sont généralement aussi pour le moustique tigre.

La différence se situe davantage dans son comportement que dans ses préférences. Contrairement au moustique commun (Culex pipiens), qui pique surtout au crépuscule et pendant la nuit, le moustique tigre est principalement actif en journée, avec des pics d’activité tôt le matin et en fin d’après-midi. Très discret, il vole souvent près du sol, ce qui explique pourquoi les piqûres touchent fréquemment les chevilles et les jambes.

Autre particularité : le moustique tigre est plus agressif. S’il est dérangé pendant son repas, il n’hésite pas à revenir piquer quelques instants plus tard ou à s’attaquer à une autre personne située à proximité.

Même si ses critères de sélection restent globalement les mêmes, sa présence en journée donne souvent l’impression qu’il est plus nombreux ou qu’il pique davantage. En réalité, c’est surtout son mode de vie qui le rend particulièrement difficile à éviter.

 

un moustique tigre en train de piquer

 

FAQ : Pourquoi les moustiques piquent-ils plus certaines personnes ?

Pourquoi les moustiques me piquent-ils toujours moi ?

Si vous avez cette impression, elle est probablement fondée. Les moustiques sont attirés par une combinaison de facteurs : le dioxyde de carbone que vous expirez, votre température corporelle, les molécules présentes sur votre peau et les bactéries qui composent votre microbiote cutané. Certaines personnes émettent naturellement des signaux chimiques beaucoup plus attractifs que d’autres.

Est-ce que les moustiques préfèrent le sang sucré ?

Non. C’est une idée reçue qui ne repose sur aucune preuve scientifique. Les moustiques ne sont pas capables de détecter un « sang plus sucré » avant de piquer. Ils choisissent leurs victimes grâce aux odeurs corporelles, à la chaleur dégagée par le corps et au dioxyde de carbone expiré.

Pourquoi les moustiques piquent-ils davantage les chevilles et les pieds ?

Les chevilles et les pieds sont souvent les premières parties du corps rencontrées par les moustiques lorsqu’ils volent près du sol. De plus, ces zones dégagent facilement de la chaleur et des odeurs produites par la transpiration et les bactéries de la peau, ce qui les rend particulièrement attractives.

Les moustiques piquent-ils davantage la nuit ?

La plupart des espèces présentes en France sont surtout actives au lever et au coucher du soleil, lorsque les températures sont plus douces et le vent moins présent. Toutefois, certaines espèces, comme le moustique tigre, peuvent également piquer en pleine journée, notamment le matin et en fin d’après-midi.

Pourquoi les moustiques piquent-ils davantage en été ?

Les températures élevées accélèrent le développement des moustiques et augmentent leur activité. L’humidité, la présence d’eaux stagnantes et le fait que nous portions des vêtements plus légers favorisent également les piqûres durant cette période.

Les moustiques préfèrent-ils les femmes ou les hommes ?

Il n’existe pas de préférence liée au sexe. En revanche, les moustiques sont davantage attirés par les personnes qui dégagent plus de chaleur, expirent davantage de dioxyde de carbone ou produisent certaines molécules spécifiques sur leur peau. C’est pourquoi une femme enceinte, par exemple, est généralement plus exposée aux piqûres.

Pourquoi les enfants semblent-ils moins piqués que les adultes ?

Les jeunes enfants expirent moins de dioxyde de carbone, produisent moins de chaleur corporelle et présentent une surface corporelle plus réduite. Ils sont donc souvent moins repérables par les moustiques, même si cela peut varier selon les individus.

Existe-t-il une odeur que les moustiques détestent ?

Certaines huiles essentielles, comme l’eucalyptus citronné ou la citronnelle, possèdent un effet répulsif reconnu, mais leur efficacité est souvent limitée dans le temps. Pour une protection durable, les autorités sanitaires recommandent plutôt des répulsifs homologués contenant des substances actives dont l’efficacité a été démontrée.

Pourquoi certaines personnes ne réagissent-elles presque pas aux piqûres ?

La réaction dépend principalement du système immunitaire. Les démangeaisons et les boutons sont provoqués par une réaction à la salive injectée par le moustique. Certaines personnes développent une réaction importante, tandis que d’autres présentent à peine une rougeur.

Les moustiques peuvent-ils piquer à travers les vêtements ?

Oui, surtout si le tissu est fin, moulant ou extensible. Les moustiques sont capables de traverser certains textiles légers avec leur trompe. Des vêtements amples et relativement épais offrent une meilleure protection.

 

Ce qu’il faut retenir

Le mythe du « sang sucré » appartient désormais au passé. Les moustiques ne choisissent pas leurs victimes au hasard et ne s’intéressent pas directement à la qualité du sang. Ils repèrent avant tout une combinaison de signaux biologiques : le dioxyde de carbone que nous expirons, les substances chimiques produites par notre peau, notre température corporelle et, dans une moindre mesure, certains facteurs comme le groupe sanguin.

Cette découverte explique pourquoi deux personnes vivant sous le même toit peuvent avoir des expériences totalement différentes face aux moustiques.

Même si nous ne pouvons pas changer notre signature biologique, il est heureusement possible de réduire considérablement les piqûres grâce à quelques mesures simples et scientifiquement validées.

La prochaine fois que vous serez le seul à vous gratter pendant une soirée d’été, vous pourrez au moins vous consoler en sachant que ce n’est ni une malédiction ni une question de « sang sucré », mais simplement le résultat d’une chimie corporelle particulièrement séduisante… du point de vue des moustiques.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *